Économie collaborative : halte aux idées reçues

Pour sortir du cliché selon lequel l’économie collaborative, circulaire, sociale et solidaire serait réservée aux jeunes urbains, Place des Cartes analyse la situation et démêle le vrai du faux.

Un mode de consommation typiquement urbain…

Si vous ne savez pas comment vous mettre à l’économie collaborative, le plus simple c’est de consulter les outils de cartographie qui recensent les initiatives autour de vous. Vous constaterez vite que les offres sont nombreuses…. sauf si vous ne vivez pas dans une grande agglomération ! Pourtant il n’y a pas moins d’initiatives dans les petites villes ou les zones rurales. Elles sont simplement moins répertoriées.

Cela vous surprend ? C’est finalement logique. D’abord c’est un travail de fourmi d’identifier tous les acteurs et d’actualiser les cartes. On a priorisé les villes parce que les 2/3 des usagers des outils facilitant l’économie collaborative sont des citadins.
Ce déséquilibre vient de ce que les populations rurales ont assimilé ces comportements depuis longtemps. Emilie Morcillo, consultante dans ce secteur explique en effet que «la solidarité territoriale existe depuis longtemps en campagne. Les gens ont moins besoin de plateformes pour officialiser leurs échanges, contrairement aux villes où il faut créer un climat de confiance ».

…accessible uniquement aux jeunes…

Les clichés ont la vie dure : si on associe souvent l’économie collaborative à l’image du bobo citadin, on pense aussi qu’elle s’adresse essentiellement aux jeunes.

En pratique, les jeunes sont plus friands d’économie collaborative que leurs ainés pour plusieurs raisons. D’abord, ce sont les plus enclins à utiliser les outils numériques qui font vivre l’économie collaborative. C’est devenu un réflexe d’avoir recours à des plateformes en ligne plutôt qu’aux acteurs traditionnels. Par ailleurs, leurs ressources sont limitées et ils ont naturellement recours à des alternatives économiques pour optimiser leur budget.

Cela étant, ce n’est pas une science exacte puisque les 35-50 ans ne sont pas en reste puisqu’ils représentent pas moins de 28% des usagers des plateformes collaboratives ! Pour les seniors en revanche, le manque d’offres est criant. Mais puisqu’un besoin existe, il y a fort à parier que les retraités vont également adopter progressivement ce nouveau mode de consommation dès que des plateformes viendront étoffer ce marché plein de potentiel.

…avec un budget limité…

On pourrait croire que les personnes aisées se désintéressent de l’économie collaborative parce qu’elles ne ressentent pas le besoin d’économiser ou de gagner de l’argent. Seulement, d’une part c’est faux puisqu’au sein des CSP+, 96% reconnaissent y avoir recours, et d’autre part ce serait faire l’impasse sur une motivation importante des économies collaborative, circulaire, sociale et solidaire.

Non content d’être un bon plan, c’est aussi une philosophie de vie. Ainsi, privilégier le circuit-court n’a pas seulement vocation à supprimer les frais d’intermédiaires, mais aussi à développer l’emploi local et réduire son impact écologique. Même principe pour l’économie circulaire : donner une seconde vie aux objets, c’est adopter une consommation responsable. Par ailleurs, pour que l’économie sociale et solidaire profite au moins fortunés, il faut que d’autres s’investissent.

Les exemples sont nombreux. On connaît tous quelqu’un qui propose du covoiturage pour le plaisir d’échanger pendant un trajet, n’est-ce pas ?

…pour économiser de l’argent.

Instinctivement, on assimile l’économie collaborative à un moyen d’économiser de l’argent. Mais c’est très réducteur puisqu’aujourd’hui c’est également très pratique pour en gagner. Une étude réalisée par CSA pour Cofidis, l’organisme de crédit à la consommation sur les économies réalisées par les Français relatives aux sites de consommation collaborative montre en effet que 87% des français recherchent une économie financière et 76% d’entre eux un gain financier.

C’est en fait un bon complément de revenus pour les français qui gagnent en moyenne 495 euros par an (pour 257 euros économisés). Les jeunes et les catégories sociales favorisées étant ceux qui en profitent le plus.

La pratique la plus populaire est l’achat d’occasion et la revente de biens, suivis du covoiturage ou de la location de logement entre particuliers. Mais des plateformes permettant de proposer un savoir-faire se développent, élargissant ainsi considérablement les gains potentiels.

 

Et vous, qu’attendez vous pour adopter définitivement la consommation collaborative ?

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